Se revenir. 1.

J’aurais voulu commencer ce billet par : Enfin. De retour à la maison. Mais j’avais peur que tu vois dans ce Enfin, un rejet, un péjoratif de nous. C’est pas le cas. Tellement pas le cas. C’est plutôt la sensation de se poser les pattes sur son perchoir après avoir traversé l’océan à tire d’ailes. Ce qui est bien avec les métaphores d’oiseau, c’est qu’on a aucune idée de ce qu’il ressent le dit-oiseau, après une longue envolée. Mais on en a une impression. Une image empathique qui nous colle à la tête. Comme quand tu me dis que tu ne sais pas ce que je vis ici, à Kinshasa, mais que tu le vies avec moi. J’ai l’impression d’être ta métaphore d’oiseau. Pis ça me fait chaud en-dedans.

Arriver à la maison, ça fait un bien fou. Retrouver mon appartement. Le trouver un peu plus beau. Plus chaleureux. Moins jaune. (Tous les murs de mon appart sont jaunes. Les meubles sont jaunes. Jaune pâle. Jaune pas-nécessairement-motivant. Jaune genre-mayo-séché.) C’était bien. J’dirais pas feeling Ulysse-back-home, mais pas loin. J’ai eu le temps de poser mes valises. Me prendre un verre d’eau. Pis deux de mes amis sont débarqués. Pour m’accueillir. Avec Tembo et petit lunch. Du sweet.

J’avais hâte de revenir au boulot. Revoir mes collègues. Revoir mes partenaires. C’est pas le boulot qui manque. J’suis d’ailleurs rentré un peu plus tôt pour donner de l’huile de coude.

Ça m’a fait du bien, ces semaines québécoises. C’était le repos du guerrier. Me poser l’âme un peu. Me remplir le cœur. Me vider la tête. Tu m’as fait un bien fou. Si tu savais. J’suis dangereusement en forme.

Ce soir, j’vais aller manger un poulet-mayo à Bandal (Bandal, c’est Paris!). Avec quelques Tembo na XXL. Ça va goûter mes souvenirs. J’en salive déjà.

Kinshasa m’a accueilli en me serrant dans ses bras et en me disant : « L’enfant terrible est de retour! ». On a célébré fort. On s’est déjà retroussé les manches. Le pain sur la planche nous attendait. Attache ta-tuque la miche, on arrive.

J’voulais quand même te dire que j’ai deux petits vides qui s’traînent la carcasse en moi. Un vide de toi. J’ai appris à vivre avec ton absence matérialisée en vide-plein. C’est pas douloureux souvent. Ça s’porte bien quand même. C’est juste toujours là.

Pis mon autre vide. J’t’ai déjà parlé de ma meilleure amie ici, celle qui vit dans le même bloc que moi, un étage en-dessous. On a fait les 400 coups ensemble. Je l’ai rencontré j’avais à peine 1 mois de vie kinoise derrière la cravate. C’est elle qui m’a montré le chemin. C’est avec elle que j’me suis bâti une famille kinoise. La plus belle de la province! Quand la côte descendait trop raide, elle était en bas pour m’attraper. Quand le courant était trop fort, elle se changeait en roc. J’lui dois beaucoup. Pis. Ben, elle est plus là. Le Sénégal me l’a volé. Elle est devenue directrice là-bas. Genre que c’est incroyable comme changement de statut professionnel. Genre un placier de théâtre qui devient directeur artistique de la compagnie. One shot. C’est fou. Elle a hésité longtemps avant d’accepter. Notre vie à Kin pèse lourd dans la balance de la vie. Je l’ai obligé à nous quitter. Parce que même si j’ai de la peine. Même si mon cœur explose à l’idée de pas la voir à chaque jour. Je suis persuadé que son chemin doit passer par là. On peut pas se battre contre nos chemins. J’vais survivre tsé. C’est juste que moi pis les départs, tu l’sais qu’on s’est jamais échangé de collier best-friend.

Fak. C’est ça.

De l’aigre pis du doux.

C’est bon de l’aigre pis du doux.

Particulièrement avec des croquettes.

J’imagine qu’on pourrait se dire Croquette-ta-vie.

O.K., promis, j’vais travailler mes slogans.

OkByejeT’aime.

xxx

Advertisements

2 réflexions sur “Se revenir. 1.

  1. Ces super vraiment, je vois comment tu tiens plus pour mon cher pays, tous le monde veuillez faire comme toi,mais peux vais réalisé leurs rêve, que tu continues à manifeste ces désir pour mon pays.

    Aimé par 1 personne

  2. J’ai une tempête tropicale kinoise de larmes dans les yeux à te lire. J’ai de la salive dans la bouche à imaginer Bandal, le poulet et la tembo na XXL. Je t’envie tu sais, pis tu me connais, j’me sens coupable de t’envier. Bien oui, je t’envie de te savoir chez toi, de te savoir chez nous, dans ce bloc jaune qui m’a fait vivre une année magique et qui nous a uni toi et moi malgré cette date de péremption. Je t’envie d’avoir enfin retrouvé notre réseau magnifique d’ami(e)s. C’est pas une mauvaise envie, c’est celle qui est déclenchée quand on connaît bien la valeur inestimable de ces petites choses. Je suis heureuse de te savoir bien et bien entouré. Je suis juste triste de ne pas être là. Si seulement on était vraiment des oiseaux , je ferais demi-tour drette là pour aller te rejoindre et oublier le Sénégal. Ça me prendra un petit bout pour me sentir chez moi là-bas mais dès que ce sera fait, tu viendras me visiter pis je partagerai quelques semaines de mon nouveau quotidien avec toi. Merci de m’avoir encouragé à me dépasser et à accepter ce défi même s’il me fait peur. « Ngo far » ça veut dire en wolof une expression africaine qu’on connait bien: On est ensemble! 🇸🇳 🇨🇩 Saudade !!!

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s