Kin en vrac. 6.

Ici, y’a deux saisons presque. La saison sèche, qui dure 3 mois grosso modo. Pis la saison des pluies. Qui est infini. La saison des pluies ça veut dire qu’au 2-3 jours (des fois ça peut prendre une semaine) y’a une pluie qui tombe. Genre d’un escabeau avec son pot de peinture. Fort. Pis drue. Ça pleut des pas des cordes, ça pleut des chaînes. De béton. Armé. Ça peut durer quelques minutes. Ou quelques heures. C’est selon. Après une pluie, y’a le fun (Il fait frais pis c’est fini l’humidité) et le moins fun (Des rues de terres complètes qui joue à imiter les cratères lunaires).  Des fois, c’est tellement intense, que les gens n’arrivent pas à se déplacer dans la ville. Intense.

Des fraudeurs ont commencé à imprimer des faux billets de 5 000 francs (environ 5$  CAD) . Ça fait que les gens les refusent la plupart du temps. Donc, tu dois te promener avec des billets de 500 ou 1000 francs. Ça fait que pour sortir un soir, tu dois avoir un portefeuille épais comme la sainte bible. Du coup, c’est plus facile pour changer l’eau en Tembo.

La vie d’expatrié, c’est beaucoup une vie d’au revoir. J’ai deux amies du cours de danse qui s’en vont. C’est sûr que les départs, ça rend tristounet. Je sais que ça fait partie de la game. Mais quand même. J’imagine que c’est ok de trouver que c’est la partie plate. Pis que si c’était un jeu, c’est la partie où je tricherais. C’est sûr. Là, j’peux pas tricher, facque, j’fais mon gros possible. Pis j’pense à toi quand le bateau tangue trop fort.

Mes petites séances d’entraînements quotidiens me font un bien fou. C’est sûr que y’a des matins plus rough que d’autres. Mais au final, ça me permet d’entrer dans la journée avec aplomb.

J’suis chanceux d’avoir les amis et les amies que j’ai ici. Ils sont incroyables. J’hésitais à te le dire. Parce que je voulais pas que ça te rende triste. Mais j’me suis dit que ça fait assez longtemps maintenant. Depuis mon départ. Toi et moi, on sait maintenant, que ça s’peut le nous, sans le quotidien. Pis que notre love est fort. Pis qu’on sait maintenant, toi et moi, que personne ne remplace jamais personne. C’est juste qu’on a le cœur extensible. Pis que y’a toujours de la place. Pour plus de love. Des fois, j’t’imagine être avec nous ici. J’me demande de qui tu serais le plus proche. Qui te tomberait le plus vite sur les nerfs. Et ça me fait rire.

J’suis allé voir un show de théâtre l’autre soir. J’ai eu un choc. Probablement la première fois que les codes sociaux m’échappaient autant. C’était un show sur l’identité, la mémoire et la santé mentale. Y’a un moment où le personnage tombe en crise, une genre de psychose, il déblatère à une vitesse phénoménale, en se tapant la tête. Je pleurais. Et la salle riait. Aux éclats. Quand j’suis sorti, j’ai croisé un ami kinois, il m’a demandé comment j’avais trouvé. J’ai répondu triste à mourir. Ça l’a fait sourire. Il m’a pris dans ses bras. Puis il m’a murmuré à l’oreille. Tu sais. Il faut trouver l’espace de rire. Même dans l’horreur. Surtout dans l’horreur. J’ai encore des croûtes à manger. Mais j’suis bien prêt à la chercher avec toi. La lumière dans l’obscurité.

Je t’aime.

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Une réflexion sur “Kin en vrac. 6.

  1. Moi aussi, j’me d’mande de qui je serais le plus proche, si j’étais là, et qui me tomberait sur les nerfs. J’me d’mande si je me lèverais tous les jours pour m’entraîner avec toi, ou si des fois, je te ferais faux bond. J’me d’mande si j’aurais ri ou si j’aurai pleuré avec toi, à la pièce. J’me d’mande… mais c’est Papa qui saura!

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